LA TRIBUNE DU STADE
Je reviens de la demi-finale de la Coupe de l’Unité qui a opposé ce samedi 5 juillet, les sélections de foot de Mwali et Ngazidja. Le Président Tourqui Salim de la Fédération de Football m’a fait l’honneur de m’inviter dans ce vieux stade, où il y a plus de 40 ans, il m’est arrivé de jouer des matchs entre lycéens. Je n’ai pas souvenir d’avoir gardé une balle plus d’une seconde par match.
J’eus l’occasion de saluer Salim Mohamed Soilihi, président de l’union des clubs de Moroni, responsable et mémoire de ce haut lieu du sport comorien.
Remarque préliminaire : il faudrait enseigner aux joueurs que les poteaux en face forment le but et trouver les gourous qui arriveront à leur inculquer que chacun d’eux n’est pas un entraineur chargé de crier aux autres ce qu’ils doivent faire. Ils ont bien le droit de s’inspirer des partis et hommes politiques de l’Union des Comores, mais que tirs perdus.
Le meilleur du show revient aux spectateurs, chaque groupe commentant sa version du match qui n’a rien à voir avec ce qui se déroule sur le terrain, du moins pour un non initié comme moi.
Ngazidja a gagné après les tirs aux buts. Leur gardien, un aigle fait homme est le héros du jour : 2 arrêts et un tir qui s’est dirigé au nord-ouest vers Zanzibar. Le premier tireur Mgazidja a, lui, choisi le Mozambique - ouest toute - heureusement pour les 2 suivants le gardien mohélien semblait croire que l’essentiel était de toucher la balle sans l’arrêter.
Les Mohéliens étaient bien meilleurs. Ils ont marqué le premier but, suite à une belle contre-attaque qui a trouvé un défenseur mgazidja occupé à regarder l’étiquette de sa culotte (il me semble). Les Wangazidja sous les huées (eya hwazima yetenwi ndo ? Qui t’a prêté la tenue?) de leur public ont fini par égaliser.
10 mn après un défenseur mohélien marqua contre son camp. Avantage à la Grande-Comore qui n’espérait pas tant. Explication d’un commentateur sans carte de presse, supporteur frustré de Ngazidja : le malheureux défenseur avait mis le bandeau portant les formules magico-religieuses, à l’envers. 5 Mohéliens avaient la tête bandée. Des inscriptions, en lettres arabes, qui n’étaient pas toutes à la gloire d’Allah étaient visibles. Avis aux autres équipes !
Le dépit mohélien fut de courte durée. Une belle offensive trouva la défense grande-comorienne éparpillée aux quatre coins de Moroni et l’égalisation fut applaudie avec enthousiasme par un public pourtant à majorité grand-comorien aux cris de “kuntro ! kuntro !” (passoire ! passoire !). 2 à 2 jusqu’à la fin du temps réglementaire. Pour les tirs au but, vous êtes au courant.
Il y a un deuxième héros de la journée : l’arbitre mohélien qui mérite les palmes d’excellence. Il a non seulement été impartial, mais mérite de toucher les indemnités d’un des arbitres latéraux qui s’appliquait soigneusement à ne lever le drapeau que 5 secondes après que le principal ait sifflé hors jeu et coups francs.
Conclusion de cette rencontre :
1 - Les cornets de cacahuètes sont moins garnis au stade Baumer.
2 - Chaque 3ème spectateur est un grand entraineur injustement ignoré. Enregistrez ses commentaires pour les prochains matchs. Votre équipe gagnera surement.
3 - Les fans de foot sont plus matures et moins chauvins que les responsables de tous ordres du pays : la grande tribune, le toit du bâtiment du ministère de l’intérieur de l’autre côté de la route, au sud de l’enceinte du stade, soutenait les Mohéliens, plus alertes, plus collectifs, plus jeunes aussi. Les Grands-Comoriens avaient ce je ne sais quoi, des convives sortant d’un grand repas de grand mariage. En tout cas les fans de foot n’ont aucun doute sur la capacité de Mohéli à assurer la tournante.
4 - A la fin d’un match, les 2 battants de la porte principale (côté ouest – vers l’aéroport Ikoni) doivent être ouverts pour laisser couler la foule. Un seul battant crée un embouteillage et amplifie l’énervement du à l’impatience et aux frustrations des supporteurs de l’équipe battue.
5 - Les femmes portent toujours le pantalon malgré l’ukase illégal du gouvernement de l’Union (je ne parle pas ici des femmes militaires et policières, assez nombreuses au stade. Le gouvernement les enverra certainement libérer Mayotte en robe longue). Celles qui étaient en robe ou tunique-jupe et foulard les portaient très moulantes à faire tourner le turban d’un mollah.
6 – Où sont les bonnes volontés pour reconstruire le plateau omnisports (basket-hand-volley). Inscrivez-moi.
7 – La finale Ndzuwani-Ngazidja se joue à Mitsamihuli le 7 juillet.
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